Rencontrer un prêtre

Concile Vatican II, Décret sur le ministère et la vie du prêtre (Presbyterorum ordinis), 7 décembre 1965.

 

« Par l’ordination et la mission reçues des évêques, les prêtres sont mis au service du Christ Docteur, Prêtre et Roi ; ils participent à son ministère, qui de jour en jour, construit ici-bas l’Eglise pour qu’elle soit peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit » (Préambule, 1).

(…) « Mais le même Seigneur voulant faire des chrétiens un seul corps, où ‘tous les membres n’ont pas la même fonction’ (Rm 12, 4) a établi parmi eux des ministres qui, dans la communauté des chrétiens, seraient investis par l’Ordre du pouvoir sacré d’offrir le Sacrifice et de remettre les péchés, et y exerceraient publiquement pour les hommes au nom du Christ la fonction sacerdotale. C’est ainsi que le Christ a envoyé ses apôtres comme lui-même avait été envoyé par le Père ; puis, par les apôtres eux-mêmes il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un degré subordonné : ceux-ci sont donc établis dans l’ordre du presbytérat pour être des coopérateurs de l’Ordre épiscopal dans l’accomplissement de la mission apostolique confiée par le Christ » (2).

 

(…) « Ainsi donc, la fin que les prêtres poursuivent dans leur ministère et dans leur vie, c’est de rendre gloire à Dieu le Père dans le Christ » (2).

 

« Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés, les prêtres vivent avec les autres hommes comme des frères » (3).

 

            Par le sacrement du baptême, tous les fidèles sont « prêtres, prophètes et rois » et participent pleinement à la mission du Christ mais, par le sacrement de l’Ordre, les diacres sont configurés au Christ Serviteur, et les prêtres et les évêques sont configurés au Christ Tête. Ordonnés pour servir ou guider la communauté chrétienne, les trois ordres sont au service des hommes et des femmes, au nom et en la personne du Christ, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

            Le seul et unique prête, c’est le Christ ;  le prêtre reçoit la mission de son Seigneur, il est envoyé par Lui, pour le « représenter » et agir en son nom – dans la personne du Christ Tête. Mais le Christ n’est jamais absent. Il est bien présent dans l’Eglise, qui est son Corps, et c’est lui le Chef. « C’est pourquoi, le prêtre qui agit « in persona Christi Capitis » et en représentation du Seigneur, n’agit jamais au nom d’un absent, mais dans la personne même du Christ ressuscité, qui se rend présent à travers son action réellement concrète » (Benoît XVI, audience générale du 14 avril 2010).

            Par son ordination, le prêtre reçoit les charges d’enseignement, de sanctification et de gouvernement du peuple qui lui est confié, ce que l’Eglise appelle les « Tria munera » (les trois missions du prêtre). Ministres de la Parole de Dieu, ministres des sacrements et de l’Eucharistie, chefs du peuple de Dieu, selon le Concile Vatican II, les prêtres « rassemblent la famille de Dieu, et par le Christ dans l’Esprit, (ils) la conduisent à Dieu » (Presbyterorum Ordinis, 6). L’autorité qu’il reçoit est une autorité mise au service de la croissance du peuple de Dieu.

            A quoi sert le prêtre ? Cette question réduit le prêtre à sa fonction ; on ne pourrait voir en lui que l’administrateur d’une institution ou un simple distributeur de sacrements. Il n’est cependant pas un gourou, ni un magicien. Il est un homme avant tout, « pris du milieu des hommes et établi en faveur des hommes », « le prêtre est un don du cœur du Christ : un don pour l’Eglise et pour le monde » et « le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu » (Benoît XVI).

            Homme de la parole et de la prière, homme de paix et de confiance, homme de la rencontre et du dialogue, homme de la réconciliation et de la mise en relation,  le prêtre est appelé à manifester la tendresse du Christ, au sein du monde, pour tous les hommes et les femmes, sans exception, et en particulier pour les plus petits. « Etre tout à tous », selon l’expression de saint Paul (cf.1Co9, 16-23). Autant de qualificatifs pour désigner le prêtre. Cela fait beaucoup pour un seul homme, à qui on demande beaucoup et de qui on attend beaucoup. Cela demande énormément d’humilité de sa part pour assumer les responsabilités inhérentes à son ministère, mais il est conscient qu’il ne peut y arriver qu’avec le soutien et la grâce de Dieu. Coopérateur de l’évêque, de qui il reçoit mission, le prêtre rend le Christ présent parmi les hommes ; comme Jean-Baptiste, il montre le Christ.

Homme d’Eglise, il n’est pas appelé à rester dans les sacristies et les églises, mais à y sortir, à sortir de lui-même, pour aller aux « périphéries de l’existence », dit le pape François. « La conscience d’être le premier bénéficiaire de la miséricorde et de la compassion de Dieu doit amener le pasteur de l’Eglise à être toujours humble et compréhensif. Même dans le cas où il a pour tâche de garder avec le courage le dépôt de la foi, il se mettra à l’écoute des personnes. Et sera conscient d’avoir toujours quelque chose à apprendre, y compris de ceux qui sont encore éloignés de la foi ou de l’Eglise », ajoute-t-il (audience générale du 12 novembre 2014). Décidément, le prêtre est le serviteur de l’Alliance entre Dieu et les hommes, et tous les hommes.